Elevage de faisan de chasse

L’élevage de faisan de chasse représente une pierre angulaire dans la gestion cynégétique durable et la préservation des traditions de chasse à travers l’Europe. Bien au-delà d’une simple activité de production, c’est une pratique exigeante qui allie savoir-faire ancestral et connaissances zootechniques modernes. Que ce soit pour le repeuplement des territoires de chasse, la vente de faisans vifs ou la production de gibier à plumes, se lancer dans l’élevage de faisandeaux nécessite une approche rigoureuse et un engagement sans faille. Cette activité, souvent portée par des passionnés, contribue activement au maintien des équilibres naturels et à la pérennité des populations de gibier. Maîtriser les principes fondamentaux de l’élevage de faisan de chasse est donc indispensable pour tout gestionnaire de territoire soucieux de qualité cynégétique et de biodiversité.

Les bases fondamentales de l’élevage

La réussite d’un élevage de faisan de chasse commence par une compréhension approfondie des besoins biologiques de l’espèce. Le faisan de chasse (Phasianus colchicus) est un oiseau au comportement complexe, nécessitant des installations d’élevage adaptées pour exprimer son potentiel. Le choix entre l’élevage en volière et le parcours en plein air doit être déterminé en fonction de vos objectifs de production et de la superficie disponible. Les volières d’élevage doivent offrir un espace suffisant (minimum 2m² par oiseau), une protection contre les prédateurs et des abris contre les intempéries. Des fabricants spécialisés comme HubbardBig Dutchman ou les structures Jansen Poultry Equipment proposent des solutions techniques complètes, des systèmes d’alimentation automatique aux abreuvoirs anti-gaspi.

La sélection des reproducteurs

La qualité génétique des reproducteurs conditionne directement le succès de votre élevage de faisan de chasse. Il est crucial de sélectionner des souches robustes, sélectionnées pour leur rusticité et leurs aptitudes au vol. Le choix de la souche – qu’il s’agisse de faisans communs, de faisans tenebreux ou de faisans versicolores – influence le comportement futur des oiseaux lâchés. Un ratio d’un coq pour cinq à six poules est généralement recommandé pour optimiser la fertilité des œufs. L’acquisition de reproducteurs auprès d’éleveurs réputés comme Pôle Pheasant ou via des sociétés spécialisées comme Sofaca garantit des souches sélectionnées pour leurs performances en milieu naturel.

L’incubation et l’élevage des faisandeaux

La période la plus délicate dans l’élevage de faisan de chasse concerne les premières semaines de vie des faisandeaux. L’incubation artificielle des œufs nécessite une maîtrise parfaite des paramètres d’hygrométrie et de température. Des incubateurs professionnels de marques comme Rcom ou Brinssea offrent la précision nécessaire pour obtenir un taux d’éclosion optimal. Après l’éclosion, les faisandeaux doivent être maintenus en poussinière chauffée pendant 4 à 6 semaines, avec une alimentation spécifique pour faisandeaux riche en protéines (28-30%). La transition vers les parcs d’élevage extérieurs doit être progressive pour éviter tout stress, avec une attention particulière portée à la protection contre les prédateurs et aux conditions météorologiques.

L’alimentation et la santé du gibier

La nutrition du faisan de chasse évolue tout au long du cycle d’élevage. Après la phase starter, les oiseaux reçoivent une alimentation croissance puis une alimentation maintenance adaptée à leurs besoins. Des compléments en vitamines et minéraux, comme ceux proposés par Virbac ou CEVA Santé Animale, renforcent le système immunitaire. La prévention sanitaire est primordiale : un programme de vaccination contre la maladie de Newcastle et la bouvine aviaire, supervisé par un vétérinaire, est indispensable. La gestion des parasites internes et externes, avec des produits adaptés comme ceux de la marque Pharmapoultry, complète l’approche prophylactique.

La préparation au lâcher et l’acclimatation

La phase de pré-lâcher est déterminante pour la survie des oiseaux en milieu naturel. Elle consiste à transférer les faisans dans des volières d’acclimatation situées directement sur le territoire de chasse, 3 à 4 semaines avant le lâcher. Cette période permet aux oiseaux de s’habituer à leur nouvel environnement et de développer leur méfiance naturelle. L’utilisation de mangeoires adaptées et d’abreuvores automatiques facilite cette transition. Des équipements spécialisés de fabricants comme Miller Products ou Plasson garantissent une distribution optimale de l’eau et des aliments. Le lâcher progressif, en ouvrant partiellement les volières, permet aux faisans de découvrir leur territoire à leur rythme.

La gestion économique et réglementaire

Un élevage de faisan de chasse viable doit également maîtriser ses aspects économiques et réglementaires. Le coût de production d’un faisan varie selon l’échelle de l’élevage et l’efficacité technique. La commercialisation peut s’orienter vers la vente de faisans à plume pour les sociétés de chasse ou la fourniture d’œufs à couver pour d’autres éleveurs. Sur le plan juridique, tout élevage dépassant 50 faisans doit être déclaré auprès des services vétérinaires et respecter la réglementation sur les établissements détenant des animaux d’espèces non domestiques. La traçabilité des oiseaux, via des bagues réglementaires, est obligatoire pour les déplacements.En conclusion, l’élevage de faisan de chasse représente bien plus qu’une simple activité de production animale ; c’est un engagement technique, économique et éthique au service de la biodiversité et des traditions cynégétiques. Cette pratique exigeante nécessite une approche pluridisciplinaire, alliant des compétences en zootechnie, en gestion sanitaire et en aménagement du territoire. Le succès ne se mesure pas uniquement au nombre d’oiseaux produits, mais à leur capacité à s’adapter au milieu naturel, à survivre aux prédateurs et aux conditions climatiques, et à participer au maintien d’une population sauvage viable. L’éleveur de faisans devient ainsi un acteur essentiel de la chaîne cynégétique, garant de la qualité génétique des oiseaux et de leur adaptation aux spécificités de chaque territoire. Les défis sont nombreux – de la maîtrise des coûts de production à la prévention des maladies en passant par l’optimisation des techniques d’élevage – mais la satisfaction de voir des oiseaux robustes et farouches peupler les plaines et les bois récompense amplement les efforts consentis. Dans un contexte où la pression sur les habitats naturels s’intensifie, l’élevage de faisan de chasse raisonné et professionnel apparaît comme un outil indispensable pour maintenir des densités de gibier compatibles avec une chasse durable et respectueuse des équilibres écologiques. Il incarne cette alliance entre tradition et modernité, entre passion et rigueur scientifique, qui caractérise la chasse contemporaine responsable. Pour qui souhaite s’investir dans cette aventure, la route est exigeante mais riche d’enseignements et de satisfactions, où chaque faisan lâché porte en lui l’espoir de perpétuer une pratique ancestrale tout en participant activement à la gestion de notre patrimoine naturel.

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